2. AFSCA : mise au point

A vous tous qui suivez l’affaire qui nous occupe.

Suite aux multiples sollicitations, questionnements, commentaires et réactions que nous avons pu lire et recevoir ces derniers jours, nous souhaitons préciser certains éléments de la problématique qui nous touche actuellement.

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POURQUOI DEVOIR ELIMINER DES PRODUITS INOFFENSIFS ? – Nous payons les pots cassés d’une législation aveugle

Ce que nous déplorons, c’est que les normes fixées par les autorités sanitaires ne sont pas adaptées à toutes les situations. L’expérience que nous vivons actuellement en est la parfaite illustration. Nous affirmons que nos produits ont été catégorisés à tort comme dangereux pour la santé, et ce en nous appuyant sur un rapport élaboré par le comité scientifique de l’AFSCA lui-même et le Conseil supérieur de la Santé : trois éléments nous semblent déterminants dans ce texte (voir p.8 et p.10 http://www.afsca.be/comitescientifique/avis/2016/_documents/Avis21-2016_SciCom2016-12_Listeriose_000.pdf )

Premièrement, il est dit qu’un produit contaminé à la Listéria monocytogenes est considéré à risque pour la consommation quand il dépasse un taux de contamination de 10 ufc/25 g. pendant la commercialisation. D’une part, les résultats de nos échantillons sont inférieurs à 10 ufc/25g pendant la période de distribution et d’autre part, on se trouve ici bien en-dessous du seuil des <100 unités/25g imposé par la norme européenne.

Deuxièmement, on peut lire dans ce même document que les produits peuvent devenir dangereux à partir d’une faible contamination à la Listéria lorsqu’ils ont une durée de conservation de deux semaines ou plus. Or, nos fromages frais qui ont été incriminés ont une durée de conservation de 10 jours. Donc bien en dessous de la durée de conservation critique pointée par le texte. On a ici une première réponse à la question de l’incertitude du développement de la Listéria dans nos produits.
Enfin, les auteurs citent une étude qui a démontré que la bactérie Listéria monocytogenes se développait moins rapidement dans un fromage au lait cru que dans le même type de fromage au lait pasteurisé.

En conclusion, si l’on prend en compte qu’une contamination de <10ufc/25 g, comme dans notre cas, n’est pas dangereuse pour la santé ; qu’une durée de conservation de moins de deux semaines prévient d’un danger à partir d’une faible contamination et que le lait cru limite le développement de la bactérie, il nous semble tout à fait raisonnable d’affirmer que notre produit n’aurait pas posé de problème de santé chez les consommateurs. Au moment de l’analyse, ce produit était inoffensif ; dix fois en-dessous du seuil de consommation autorisé (!), d’autant plus qu’il n’avait plus que 7 jours pour être consommé. Comment l’AFSCA ou l’EFSA peut affirmer qu’en 7 jours, dans des fromages lactiques au lait cru, au départ d’une contamination très faible de < 10 ufc/25 g, on aurait pu dépasser le seuil des 100 ufc/25g ? Au regard des critères repris par le comité scientifique de l’AFSCA cette possibilité nous paraît plus qu’invraisemblable.

– Quelles responsabilités ? –

Vendredi, nous avons été contactés par un responsable de l’AFSCA qui a admis que la législation européenne n’était peut-être pas adaptée à toutes les situations mais qu’elle n’est pas responsable de cet état de fait : « c’est l’Europe ». Pour nous, l’AFSCA a une part de responsabilité, tout comme l’EFSA au niveau européen, ainsi que nos représentants politiques. L’AFSCA a été créée dans un contexte de crise sanitaire grave dans l’industrie agro-alimentaire et a permis aux élus politiques de se dé-responsabiliser de ce genre de problème public. Pourquoi les limites reprochées aux normes européennes ne sont pas mises en avant par nos autorités alors qu’elles sont bel et bien reconnues ? Il est clair qu’à l’heure actuelle, nous considérons qu’il y a un manque de volonté politique pour faire évoluer ces normes et qu’il appartient aussi aux représentants de l’AFSCA de faire ce travail au niveau européen.

– Quelle politique pour les bactéries pathogènes ? –

Il faut en finir avec ce mythe régulièrement présent dans le discours de l’AFSCA : toute présence de bactérie pathogène est dangereuse en soi et tout est sous contrôle grâce au travail de l’AFSCA. Selon une autre représentante de l’AFSCA interrogée dans le journal la Meuse ce samedi 23/11 : « il suffit de la présence d’une bactérie pour qu’une personne tombe malade ». Pourquoi dès lors appliquer un seuil de < 100 ufc/25g ? L’AFSCA n’a pas, et n’aura jamais, les moyens de tout contrôler. Aucun producteur de denrée alimentaire n’effectue d’analyse sur tous les lots produits. Des présences limitées de Listéria monocytogenes dans l’alimentation ont lieu régulièrement sans que personne ne s’en rende compte et sans que ça ne pose de problème pour la santé des consommateurs. Les sanctions que nous subissons donnent l’apparence trompeuse que tout est sous contrôle et que le citoyen peut donc être pleinement rassuré par les normes strictes appliquées par l’AFSCA. Ce discours sécuritaire entretient une psychose à propos des bactéries pathogènes et permet de légitimer les interventions aveugles de l’AFSCA.

– Quel est le rôle de l’AFSCA en tant qu’administration publique ? –

Pour terminer, il existe bien une façon de faire appliquer une tolérance de présence de Listéria dans nos produits : les tests de vieillissement (ou “challenge tests”) à charge du producteur. Pour nous, cette proposition n’est pas acceptable. Le problème se situe en amont, dans la norme européenne qui exige une absence totale de Listéria monocytogenes chez le producteur quel qu’il soit, indépendamment de la nature de son produit, de son rayonnement en terme de distribution, des durées de conservation en jeu, etc. Tous ces éléments doivent être pris en compte dans l’évaluation du risque. D’autre part, les frais de telles études sont à charge du producteur et représentent un coût considérable. Mais si, comme cela est dit dans l’article de La Meuse de ce samedi, « l’AFSCA a financé des études dans ce sens », nous sommes évidemment preneurs. Toutefois, il faudrait que ces études débouchent sur un nouveau seuil de tolérance par catégorie de fromage. Nous défendons l’idée qu’une agence publique comme l’AFSCA, dont le budget est financé en partie avec NOS cotisations et avec les amendes qu’elle inflige, devrait pouvoir établir des standards de fabrication par famille de fromage, par exemple pour les fromages frais, et réaliser les études que nécessitent de tels tests de vieillissement pour chacune de ces familles. L’AFSCA devrait pouvoir elle-même être en mesure de prouver qu’un produit contaminé faiblement à la Listéria monocytogenes chez un producteur peut devenir dangereux avant sa date limite de consommation. Il faut dès lors impérativement prendre en compte plusieurs facteurs comme le propose le rapport du comité scientifique de l’AFSCA et du Conseil supérieur de la Santé.

La Bergerie des Fauves Laineux
Drève de Jette-Foolz 29
5022 – Cognelée
0487 97 47 68

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